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vendredi 09 mai 2008

À Rabat, l'ONL à la rencontre des jeunes du Choeur des trois cultures

Rabat. Pour les quelque quatre-vingts tout jeunes chanteurs du Choeur des trois cultures réunis sur le plateau du théâtre Mohammed-V, se produire au côté de l'Orchestre national de Lille avait quelque chose à la fois d'excitant et d'impressionnant.

À RABAT, PAR JEAN-MARIE DUHAMEL

region@lavoixdunord.fr PHOTO AFP

Excitant, parce qu'après une dizaine de jours de répétitions intensives sous la direction du chef français Michel Piquemal, l'arrivée des instruments auprès des voix apportait une dimension symphonique forcément magique. Impressionnant, parce que pour des amateurs, travailler avec une machine comme l'ONL n'allait pas forcément de soi, même s'ils ont déjà pu se produire avec l'Orchestre philharmonique du Maroc il y a deux ans (c'était pour le Requiem de Mozart). D'autant que le timing était particulièrement serré : deux petites journées à peine pour faire connaissance et prendre ses marques avec un autre Requiem, Fauré - une oeuvre d'apparence facile et tellement pleine de pièges rappelle Jean-Claude Casadesus -, mais aussi deux créations, deux compositions pour choeur, deux pianos et percussions, écrites pour l'événement, l'une en arabe par Nayer Nagui, l'autre en hébreu par Alain Huteau.

Arabe, hébreu, latin, symboles et vecteurs des trois cultures : c'est là tout le sens de cette tournée marocaine de l'ensemble lillois qui répondait à l'invitation du Printemps musical des Alizés d'Essaouira. Le concert de Rabat, ayant été programmé en forme d'avant-première du rendez-vous de la fin de semaine.

Une aventure

Fondé en 1999, le Choeur des trois cultures représente sans doute «  cet idéal auquel on peut rêver quand on évoque la Méditerranée, la musique et le Maroc », explique avec passion Mohammed Ennaji, directeur exécutif du festival. «  Dans cette terre de rencontres, chanter en arabe, en latin et en hébreu semble chose aisée et naturelle », assure cet universitaire, économiste et historien, qui est aussi grand connaisseur en musique et amateur de vins ! Une aventure autant humaine que musicale insistent pour leur part Jalila Bennani et Michel Piquemal. La première, toute jeune chef de choeur, dirige ici à Rabat ces jeunes Marocains, Espagnols Français qu'elle choisit et fait répéter le second vient l'épauler chaque année pour une session d'une dizaine de jours au moment du Printemps musical des Alizés.

Mercredi soir au théâtre Mohammed-V de Rabat - belle salle de spectacle construite peu avant l'indépendance en 1956 -, les quelque 1 600 invités - parmi lesquels André Azoulay, conseiller du roi et fondateur du festival, l'ambassadeur de France Jean-François Thibaut, le représentant de l'Union européenne à Rabat Bruno de Thomas, et plusieurs dizaines d'éminences venues du Palais royal -, ont dû sentir battre leur coeur aux accents de ces (belles) musiques de rencontres.

Hier, l'ONL a pris la route d'Essaouira pour trois jours de musiques dans la cité des Alizés. •

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