





Ce sont des élans de générosité et de partage qui ne demandent pas de justifications. Tout, dans nos échanges, me fait oublier notre différence d'âge. Seulement, j'ai longtemps refusé de te tutoyer. Trop de respect. Devant ton insistance, je me suis exécuté. On est bien obligé de céder face à ton autorité naturelle. Quatre ans qu'on se côtoie. Et tu n'as pas changé: belle, distinguée, même légèreté, même espièglerie. Sidérante de talent, de vitalité et de convictions. Et puis, il ne pleut jamais dans ta mémoire. Peut-être écorches-tu un prénom de temps à autre. Sachant ton gigantesque carnet d'adresses, impossible de t'en tenir rigueur.
Au moment d'écrire ces lignes, le portable vibre. C'est toi au bout du fil. À l'oreille, l'excitation de ta voix chantée. Regard que l'on devine brûlant. « Mon petit Patrice, je viens d'avoir les résultats de mon bilan de santé. Mon médecin n'en revient pas, tout est parfait. Il me dit même que c'est indécent à mon âge ».
C'est dingue comme ils sont communicatifs tes enthousiasmes de jeune fille. Difficile de t'imaginer ailleurs que dans nos existences. Pourquoi? Parce que tu y joues un rôle actif et galvanisant. On ne te connaît pas d'ennemis ou de détracteurs. Tu fais partie de la famille. On appelle ça une évidence.
Tu es chaleureuse, fervente, fidèle, attentionnée. Voilà aussi pourquoi tu réussis toutes tes histoires d'amitié. Quant à ton Loulou, il aura été l'amoureux idéal (isé).
À ton entourage, tu prescris tes contagions à la ronde. Il te reste tant de passions à assouvir, tant à dire, tant à offrir, tant à aimer. Rien n'échappe à ta curiosité en alerte. Par ton charme pétillant et ton prodigieux dynamisme, il arrive que tu me fasses penser à la grand-mère de La Boum. Sauf que ce n'est pas du cinéma, on vogue en pleine réalité.
On ne le répétera jamais assez : tu es habitée par le désir, l'envie de surprendre et te surprendre. Donc tu détestes l'attendu et la ligne droite. Encore moins le ronronnement. Il y a quelque chose de boulimique dans ta façon d'enchaîner les projets, d'affronter un avenir riche en promesses et de mordre à pleines dents - avec un appétit insatiable - chaque jour de la vie.
Quand on évoque ensemble la mort, tu prononces cette phrase. Toujours la même. « J'irai au ciel quand Loulou et maman auront besoin de moi »
Mais ta plus grande force, n'est-elle pas celle de vivre intensément?
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