scogez@lavoixdunord.fr Il est environ 3 heures, la nuit dernière, quand d'étranges bruits parviennent aux oreilles d'Annie, alors dans les bras de Morphée. « Je croyais à un coup de vent, je me suis levée et j'ai ouvert la porte d'entrée, relate l'employée de la mairie d'Arras. Et puis j'ai vu les flammes. J'ai dit aux voisins "sauvez-vous, ça va sauter !" et je suis sortie dans la rue ».
Apeurée, Annie en oublierait presque qu'elle est en chemise de nuit. Mais elle n'omet pas de jeter un oeil à sa maison, alors que le feu continue de dévorer son garage. La toiture s'est complètement effondrée, rongée par des flammes hautes de trois mètres. Plus grave, le feu s'est propagé au compteur à gaz, qui s'est embrasé. Comme il y a peu au centre Chico-Mendes, à Beaurains.
Rapidement sur place, les pompiers d'Arras, emmenés par le major Louis Malbranque, ont dû jouer stratégique. D'abord, ils se sont empressés de protéger les maisons voisines, en dressant deux rideaux d'eau à l'aide de puissantes lances à incendie. Il fallait alors attendre l'arrivée des techniciens de Gaz de France, qui ont fait le nécessaire.
Pendant les opérations, par mesure de précaution, une bonne vingtaine de personnes, majoritairement des retraités de la résidence Henri-Duflot, ont été évacuées de leur maison. Le risque d'explosion au gaz est toujours redouté en pareil cas.
Finalement, Annie devait pour sa part passer au moins une nuit chez sa fille à Beaurains. Des agents de la communauté urbaine d'Arras (CUA) ont pris le relais des secours pour surveiller la maison jusqu'à 9 heures. Quant à l'origine du sinistre, elle demeurait mystérieuse hier encore. Une enquête a été ouverte.
L'association d'aide aux victimes AVIJ a été saisie, comme à l'accoutumée, pour venir en aide à Annie. Un rendez-vous a été fixé avec elle, aujourd'hui, au point d'accès au droit à Saint-Nicolas. Un soutien devrait lui être apporté, notamment au niveau des formalités administratives. Pas-de-Calais habitat a aussi été sollicité. Hier matin, des agents étaient déjà à pied d'oeuvre pour sécuriser la maison, et y restaurer très vite le gaz et l'électricité.
Une drôle de soirée pour tout le monde, décidément. Il s'agissait sans doute de la dernière sortie nocturne de Frédéric Leturque, vice-président de la CUA, qui laissait mercredi soir la compétence sécurité et prévention de la délinquance à Claude Féret. Le hasard a voulu qu'il boucle la boucle par un incendie dans la maison d'une employée de mairie.