





Frédéric Motte a été élu à la présidence du CESR en novembre 2007. PHOTO PHILIPPE PAUCHET : La Voix du Nord Il n'a pas la tâche facile. L'assemblée qu'il préside est un curieux cocktail, un tiers de décideurs économiques, un tiers de syndicalistes et un tiers de militants associatifs. À la tête du CESR, Frédéric Motte doit composer avec les prudents, les impatients et les virulents dans un hémicycle qui va du MEDEF à la CGT.
Après une période d'adaptation, cette assemblée qui joue un rôle consultatif auprès du conseil régional vient d'adopter sa feuille de route en même temps que sa méthode de travail. « Nous avons un tour de table prestigieux, il faut de la cohérence pour donner de la lisibilité à nos travaux », résume Frédéric Motte
À une très large majorité, le CESR défend un double objectif qui guide désormais ses travaux : concilier performance et cohésion sociale mais aussi territoriale. Cinq thèmes sont mis en avant : emploi, durabilité, jeunesse, égalité des chances, caractère transfrontalier.
Sur le ton à adopter dans les rapports destinés aux élus, Frédéric Motte n'est pas partisan de l'usage intensif du poil à gratter : « On n'est pas là pour commenter tout à tout moment en répondant du tac au tac, on peut lancer des banderilles mais il faut faire émerger des idées.
» Boîte à idées, c'est donc le bon créneau pour le CESR. Avec un signe particulier, « nous n'avons pas de rendez-vous avec l'électeur, nous avons le temps avec nous, nous travaillons sur le long terme », insiste Frédéric Motte.
Le président du CESR, élu local et chef d'entreprise, ne veut pas « chercher à tout prix un consensus total et plat » sur tous les thèmes de travail de son assemblée mais il croit aux majorités d'idées. « Ce qui me motive, c'est de faire travailler tout le monde ensemble. Il ne s'agit pas de demander aux gens d'abandonner leurs idées mais le développement harmonieux du territoire ne se fera pas les uns contre les autres », explique-t-il.
Une image aéronautique au passage pour séparer les rôles entre élus régionaux et membres du CESR : « Nous ne sommes pas pilotes ou copilotes mais plutôt navigateurs. » Le Nord - Pas-de-Calais rêvé par le président du CESR s'inscrit « dans la dynamique d'un développement durable, entreprenant et solidaire ». À plus court terme, l'objectif affiché consiste à « rejoindre la moyenne des régions françaises sur les indicateurs fondamentaux ». Frédéric Motte évoque des marges de progrès en matière de taux d'emploi, de réussite scolaire et universitaire, d'espérance de vie... « Regardons la vérité en face, les progrès accomplis comme les retards qui subsistent », plaide celui qui veut que le CESR ouvre des pistes de réflexion, « tende des perches » avec humilité. « Il faut accepter que nos idées soient récupérées », conclut Frédéric Motte. DOMINIQUE SERRA
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