





arras@lavoixdunord.fr Pas plus que l'annonce d'une fusion avec l'URSSAF d'Arras n'avait il y a deux ans de ça enthousiasmé le personnel et les administrateurs douaisiens - craignant que leur caisse devienne « un mouroir », « une coquille vide » ou encore « une maison de retraite » - les Calaisiens n'envisageaient un moment de convoler en justes noces avec la caisse dirigée par Michel Dollet. Ainsi, cela avait-il donné lieu à quelques manifestations de mécontentement. « Mais le climat est aujourd'hui apaisé », assurent de concert le président et le directeur de ce qui est entre temps devenu l'URSSAF Arras-Douai.
Paru au Journal officiel le 30 octobre dernier, l'arrêté de fusion avec Calais avait été paraphé en août. Et le mariage sera définitivement consommé à partir du 2 juin 2008. Il n'existera alors plus qu'une seule URSSAF dans le Pas-de-Calais (mais englobant donc aussi les circonscriptions des caisses primaires d'assurance maladie et des caisses d'allocations familiales de Douai et de Cambrai), dotée d'un seul patron et d'un seul conseil d'administration.
Et il ne reste guère plus que le maire de Calais, le communiste Jacky Hénin, pour s'en offusquer. « Contexte électoral oblige ».
Car sinon, « tout le monde a bien compris qu'il s'agissait là d'une nécessité et d'une évidence », martèle Michel Dollet. Parce que d'autres y auraient sans doute songé, un peu plus tard, et la fusion se serait alors opérée dans des conditions probablement moins avantageuses qu'aujourd'hui. Et puis, tout le monde a vu que Douai, finalement, n'y avait pas perdu au change, en obtenant une « présence physique renforcée » et en décrochant « de nouvelles missions ». « Ce sera la même chose pour Calais » (lire ci-dessous), promet le directeur de l'URSSAF.
Seule, la caisse d'Arras pesait déjà lourd dans la balance. Figurant parmi les plus « importantes, entreprenantes et performantes » URSSAF de France. La fusion avec Douai l'a propulsée dans le top 15, devant Rennes ou Montpellier, et à égalité avec les Bordeaux, Grenoble, Toulouse et autre Nantes. Pas mal. Mais encore rien comparé au nouveau bond que va faire la structure à la faveur de cette union avec Calais.
Cette atypique URSSAF Arras-Calais-Douai figurera ainsi dans le top 5. Pas encore en mesure de contester leur leadership à Paris, Marseille ou Lyon, mais loin devant Lille. Et ça, ce n'est pas rien. « Comme quoi il n'y a pas que dans la métropole qu'on fait des choses bien ! », souligne caustiquement Christian Saudemont. Dans le Nord, on a d'ailleurs bien compris que la fusion allait là aussi devenir une évidence. Mais avec un peu de retard à l'allumage, puisqu'elle n'interviendra dans le meilleur des cas qu'en 2010. Et sans Douai, tombé dans le giron du Pas-de-Calais. Ce qui fait que même ensemble, les URSSAF du Nord pèseront toujours moins que cette URSSAF d'Arras-Calais-Douai, dont tout le monde s'inspire aujourd'hui en France.
> URSSAF : union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales.
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