

Deux cents, peut-être trois cents tonnes de gravats à déblayer, soupèse le responsable du chantier. Pharaonique. Et ce n'est qu'un saut de puce sur la route de Saint-Jacques. La rénovation totale - reconstruction de la chapelle incluse - est espérée « à la rentrée 2010-2011 », avance Henri Compère, président de l'Association des organismes de gestion de l'enseignement catholique (AOGEC). Le primordial est ailleurs.
Lundi, les premiers ouvriers ont pris possession des lieux, la stridence des disqueuses et les groupes électrogènes rompant le silence. Coup d'envoi de « trois à quatre semaines de déblaiement ». En parallèle, les travaux de couverture à l'internat des filles, où quarante-cinq lycéennes sont accueillies, ont débuté hier. Des mesures urgentes, légitimées par la direction de l'établissement : « La rentrée sera assurée le 2 septembre. La priorité est la mise en sécurité du collège là où il a été meurtri. » Plutôt que de songer à la réédification, dont il doute que les assurances suffiront à financer le coût, Jean-Pierre Bailleul se concentre sur les chantiers en cours : « Le collège est un outil de travail. Nous n'avons pas le droit à l'erreur, car outre les six cent quarante élèves, il accueille quatre-vingts employés.
» L'établissement devait se vider de ses derniers occupants le 20 juillet. Une permanence physique va se mettre en place pour les deux mois de vacances, en raison de la multiplication des chantiers..
Soigner le fonds et le mur, mission complexe. Pour ce qui est de la façade, un temps menacée de démolition, l'affaire semble acquise. En revanche, les ouvriers ont du pain sur la planche au regard du bâtiment mitoyen. L'aile qui abrite notamment l'ancien réfectoire, des salles de devoirs et d'étude, a souffert à double titre : plus de 500 m² de toitures ont été dévastés, le ruissellement a entraîné la chute de la plupart des faux plafonds. « Un "parapluie" va être installé sur le toit. Quant à l'internat, l'escalier principal d'accès est détruit. Un tunnel provisoire sera créé, sur les conseils des pompiers et d'un bureau d'expertise », déclare Henri Compère. Voilà pour le plan A. Le plan B prévoit, en cas d'imprévus, le recours à des structures modulaires et le transfert de l'internat. Que dire du au plan C, la création d'une cité scolaire « au vert » en périphérie d'Hazebrouck ? Henri Compère se montre plus loquace que d'autres sur le sujet : « Le projet est dans les cartons depuis un ou deux ans. Bien que nous ayons la possibilité de réaliser des opérations immobilières intéressantes en ville, il reste au stade du rêve ».
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