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PHOTO DIDIER CRASNAULT Le départ des 1 500 personnels de la BA de Cambrai représente un coup dur pour ces professionnels, rendus moroses par un début de crise.
Entre 500 et 800 logements répartis sur 176 communes vont bientôt se retrouver sur le marché. Un afflux qui risque de faire chuter les prix.
Plusieurs mois déjà que les officiers et sous-officiers propriétaires - près de la moitié d'entre eux possèdent leur logement -contactent les agences. « On reçoit depuis quelque temps des coups de fil de personnes de la base qui nous demandent de venir estimer leurs maisons », confirme un agent cambrésien qui tient à rester anonyme. Résultat, « on va se retrouver avec une offre pléthorique. Et qui dit offre supérieure à la demande dit baisse des prix », prédit Raphaël Vanhoucke, responsable du secteur immobilier à l'office notarial planté face à l'hôtel de ville.
Épouse d'officier, Frédérique Chabin-Rivière est l'une des professionnelles les plus sollicitées par les militairespour dénicher un logement (« Le personnel de la base représente 10 % des clients de l'agence.
»). Selon la négociatrice, « le retournement du marché a déjà commencé et cette fermeture ne devrait pas arranger les choses. Mais on ne sait pas de combien les prix vont baisser ». Deux mois déjà qu'elle constate un certain attentisme. « J'ai rencontré pas mal de personnes partantes pour acheter et qui ont préféré louer en attendant. » Quant aux militaires, « achètent (désormais) seulement ceux qui reviennent au pays... » Selon elle, « ce sont surtout les villages environnants qui vont être touchés ».
Exemple : Bourlon, sa commune. « Il y a beaucoup de militaires (ils représenteraient une vingtaine de familles) qui vont vendre leurs maisons en même temps. Ça risque de faire chuter les prix. »Le maire de la commune, Jean-Luc Boyer, se dit « consterné » : « On peut craindre un effondrement.
» Même phénomène prévisible à Marquion, entre Arras et Cambrai, qui abrite nombre de bidasses.
« On va avoir des maisons à vendre en pagaille », résume Bruno Frassint, qui gère l'agence CÉGIMA dans le centre-ville de Cambrai et qui vend d'habitude trois à quatre maisons par an à des militaires. « Le problème, c'est qu'on n'a pas les acquéreurs en face... », réplique son collègue anonyme. Du coup, certains militaires veulent se débarrasser au plus vite de leurs biens. « J'ai certains clients militaires qui, mutés, ont mis leur maison en vente depuis quelques mois. Là, ils s'impatientent... », dit Raphaël Vanhoucke.
Six cent soixante et onze membres de la direction centrale du commissariat de l'armée de terre quitteront Rambouillet pour Cambrai à partir de 2012. « Si ça se fait, c'est bien même si c'est maigre comme compensation et seront-ils vraiment 671 ?
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